Sì, mi amol !
janvier 5, 2009
Évoquer le rêve à La Havane… Peine perdue : c’est la nostalgie qui souffle dans les rues de la capitale cubaine. Le long des larges avenues rectilignes, les immeubles rongés d’humidité pleurent leur majesté passée. Les façades soupirent des couleurs délavées. De vieilles Américaines trafiquées s’épuisent à rouler leurs derniers kilomètres. Ici et là, quelques drapeaux et slogans hoquètent le triomphe de la Révolution. Cinquante ans se sont écoulés. Le décor a vieilli, figé. Mais à ce visage craquelé, la ville ne se résout pas. Elle impressionne encore, impudique et rieuse.





Sur les trottoirs, sous les portal ou aux balcons, toute la ville semble de sortie. Dans les longues files d’attente, devant la banque ou l’épicerie, on s’interpelle à grands cris. On se sourit, on se salue, un beso solo (periodo especial…). On échange quelques mots ou de longs regards appuyés. Les corps s’affichent sans complexe. On dénude les ventres qui s’arrondissent et on couvre les cuisses rebondies d’étroits bermudas, soulignant la finesse de la cheville juchée sur de hauts talons.

En fin d’après-midi, la rue se fait terrain de jeu. Les vieux étalent les dominos sur des tables bricolées : une planche et quatre cageots. Les jeunes reprennent une partie de base ball. Sport national auquel on s’exerce dès le plus jeune âge. Même avec un bout de bois pour batte et un bouchon en plastique rouge comme balle. Sur les câbles électriques, des baskets s’alignent. Hommage frondeur au journaliste irakien dont Bush a récemment subi les assauts déchaussés.


La Havane est une ville immense. Et pour gagner les quartiers centraux du Vedado et de la Habana Vieja, mieux vaut grimper dans un taxi compartido. L’occasion de vérifier que les Américaines exténuées peuvent encore parcourir de longs trajets pétaradants. Au centre-ville, les taxis réservés aux touristes sont plus nombreux. Des voitures confortables mais sans charme s’ennuient ferme le long du fameux Malecon. Plus décoiffantes, les coco-movils chargent leurs passagers à l’arrière d’une mobylette dans une drôle de bulle jaune et noire : version motorisée des bici-taxi qui sillonnent les ruelles de la vieille ville…



Érigée « patrimoine mondial » par l’Unesco et restaurée comme il se doit, la Habana Vieja résonne d’histoire. On se perd avec délices dans ses rues piétonnes bordées de palais somptueux. Les boutiques y sont rares et maigres : le régime socialiste préfère valoriser musées, galeries et monuments. En revanche, bars et restaurants à touristes ne manquent pas. Le rhum coule à flot et les échos d’une salsa frelatée font remuer des Européens vieillissants flanqués de leur jinitera. A quelques cuadras de la calle Obispo, c’est une autre ville que l’on découvre. Car les travaux d’embellissement n’ont concerné qu’une partie infime du quartier. Ailleurs les immeubles s’effondrent. Et sur les trottoirs jonchés d’ordures, un groupe de jeunes gens tamisent les gravats pour recueillir les matériaux réutilisables.



Les rapaces dessinent des cercles au-dessus des immenses gratte-ciel du Vedado, le quartier moderne de La Havane. L’hôtel Habana libre, où s’installèrent les révolutionnaires triomphants en 1959, se perd dans les nuages qui couvrent la ville. Mais c’est l’Edificio Focsa qui impressionne le plus, témoin du génie civil cubain. L’immense Plaza de la Revolucion résonne encore des cris de centaines de milliers de compaeros, venus célébrer dans les années 60 le triomphe de la Révolution. José Marti, colossal, veille. Aux alentours, la végétation est tout aussi démesurée : les fromagers éclatent en racines, tandis que les flamboyants réservent aux lendemains leur explosion sang et or.


Sur le Malecon, ruban de béton où s’échoue la ceinture bleue, les couples s’étreignent. Les regards solitaires se perdent vers d’autres latitudes.



La littérature cubaine témoigne d’une sensualité vigoureuse. Mais les pages les plus sulfureuses de la Trilogie sale à La Havane restent suggestives au regard du spectacle vibrant d’un essaim de danseurs. Encore tôt dans la soirée, à la Casa de la musica. Sur les tables, les premières bouteilles de rhum sont vides depuis longtemps. Trois chanteurs de salsa s’égosillent devant un rideau de strass argenté. La sono est poussée à fond, l’orchestre se déchaîne. Et dans la salle, les cavalières s’échangent. Les bras virevoltent. Les hanches se font lascives…
Faites de doux rêves !

Hello !
Je suis assez fière d’être la première personne à “commenter” votre blog -j’espère que j’ai gagné quelque chose.
Vous n’imaginez pas combien ce premier reportage, tout bleu tout beau, tombe à pic à Paris (un peu comme un stalactite).
Bravo bravo et encore bravo pour ce beau travail : on en veut encore !
Plein de bisous à vous deux, amusez-vous bien
Aurélie
Seguimos vuestros pasos desde Barcelona.
Genial el primer reportaje. Queremos más!!
Petonets u 3ti lmmu!
Fahd i Milena
Holà les amis,
Ah si nous pouvions vous rejoindre le temps d’une promenade sur le malecone, d’un verre de rhum au soleil en fin de journée …. Alors, à défaut de cela, on pense très fort à vous menant cette aventure magnifique. On est heureux de vous lire et vous regarder et on attend la suite avec impatience !!!
je vous embrasse très fort.
Juliette
Magnifique!
Bisous à tous les 2.
Laurence
HOla a los dos de las dos tontas que no saben como utilizar vuestro blog. Gracias por vuestras fotos.
Hasta pronto
Patria o muerte venceremos !