“Le Rêve, un peu plus loin”

septembre 15, 2008

Le projet « Rêves » est lancé…

Entre décembre 2008 et juillet 2009, nous franchirons trois mers et océans. Avec pour horizon une création littéraire et photographique  à quatre mains autour des rêves insulaires, nous traverserons d’abord l’Atlantique pour rejoindre la Caraïbe…

Première destination : Cuba, terre de non retour pour l’écrivain Guillermo Rosales, qui l’a quittée en s’exilant aux Etats-Unis en 1979. Lire Mon ange, le cruel récit de son arrivée à Miami et de son internement dans un boarding home, sorte d’asile privé où l’on enferme ceux qui sont devenus épaves.

Pour William Figueras, le narrateur, l’île n’existe plus qu’en rêve :

“Dans ma chambre, je me jette encore une fois sur mon grabat et me rendors. Cette fois, j’ai rêvé que la révolution avait pris fin et que je revenais à Cuba avec un groupe de vieillards octogénaires. Un vieil homme à longue barbe blanche, muni d’une houlette, nous guidait. Nous nous arrêtions tous les trois pas et le vieux désignait de sa houlette un tas de décombres.

- Ici, c’était le cabaret Sans-Souci, disait le vieux.

Nous avancions un peu plus. Il poursuivait :

- Ici, c’était le Capitole national.

Il désignait un terrain d’herbes folles jonché de fauteuils brisés.

- Ici, c’était l’hôtel Hilton.

Le vieux désignait un amas de briques rouges.

- Ici, c’était le Paseo del Prado.

On voyait maintenant une statue de lion à demi enfouie dans la terre.

Nous avons sillonné ainsi La Havane. La végétation recouvrait tout, comme dans la ville ensorcelée de la Belle au bois dormant. Tout était enrobé dans l’atmosphère de silence et de mystère  qu’avait dû trouver Colomb en débarquant pour la première fois sur le sol cubain.

Je me suis réveillé.”

Une “atmosphère de silence et de mystère” baigne aussi les rues de La Havane, photographiées par Angel Marcos. Regarder  A Cuba,  série de portraits d’une ville que l’on imagine bruyante et colorée et que l’on découvre fantôme.


Nous y serons le 17 décembre… A la veille de la commémoration du cinquantième anniversaire de la Revolucion. L’atmosphère sera-t-elle de silence et de mystère ?

 

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